Quand on est artisan ou commerçant, le plus simple est de publier une chose par semaine, toujours de la même famille. Une vidéo courte filmée au téléphone dans l’atelier, sur le chantier ou en boutique. Un visuel qui en est tiré. Deux ou trois stories sans montage. Le sujet compte moins que le rythme : d’après le Baromètre France Num 2025, moins d’une entreprise sur deux présente sur les réseaux s’en sert encore chaque semaine pour parler de son activité. Ce guide donne un mois type, semaine par semaine, tenable en une heure le lundi matin.
Le vrai problème n’est pas l’idée, c’est la cadence
Le Baromètre France Num 2025 de la Direction générale des Entreprises a interrogé 7 373 entreprises présentes sur les réseaux sociaux (p. 34-35). La question : à quelle fréquence s’en servent-elles pour promouvoir leurs produits ou leur activité ? La part de celles qui publient au moins une fois par semaine recule d’année en année :
- 61 % en 2023 ;
- 55 % en 2024 ;
- 46 % en 2025, dont 13 % au moins une fois par jour.
Dans le détail 2025, l’hébergement-restauration tient à 58 %, le commerce (détail et gros) à 52 %, les entreprises sans salarié à 43 %. Le bâtiment-construction ferme la marche à 27 %. Autrement dit, dans le bâtiment, trois entreprises sur quatre présentes sur les réseaux y publient moins d’une fois par semaine. Le même baromètre compte 11 % d’entreprises qui ont créé un compte pour leur activité et ne s’en servent jamais.
Côté public, le Digital Report France 2026 de We Are Social et Meltwater compte 51,5 millions d’utilisateurs de réseaux sociaux en France, soit 77,2 % de la population. Seuls 11,7 % d’entre eux publient encore du contenu, en baisse de deux points en un an. Tout le monde regarde, presque personne ne publie.
Conclusion, sans promesse : publier une fois par semaine vous place déjà devant plus de la moitié des entreprises présentes sur les réseaux. Pour un maçon ou un plombier, devant trois confrères sur quatre. Ce que ça rapporte ensuite en appels ou en devis, personne ne peut le garantir.
Un seul réseau pour commencer, choisi selon vos clients
Le même rapport classe Facebook en tête des réseaux utilisés chaque mois par les Français de plus de 16 ans, devant WhatsApp et Instagram. Dans le mois, 55 % des utilisateurs ont ouvert Instagram, 38,3 % TikTok et 37,8 % Snapchat. La CAPEB, de son côté, recommande aux artisans du bâtiment Facebook, Instagram et LinkedIn. C’est la position de la profession ; ses chiffres d’audience ne sont pas sourcés, on les laisse de côté.
La règle est simple :
- Vous vendez à des particuliers du coin (couvreur, boulanger, fleuriste, garage) : Facebook et Instagram. Le même contenu, publié sur les deux depuis le même outil, Meta Business Suite.
- Vous vendez à des entreprises (sous-traitance, métallerie, agencement de magasins) : LinkedIn, avec les mêmes vidéos.
- Dans tous les cas, votre fiche Google, celle qui s’affiche quand on tape votre métier et votre ville, accepte les mêmes photos et les mêmes textes. C’est gratuit.
Ne vous inscrivez pas sur TikTok « parce qu’il faut ». Un deuxième réseau qu’on n’alimente pas n’apporte rien. Un seul, tenu chaque semaine, vaut mieux que trois abandonnés.
Le mois type : 4 vidéos, 4 visuels, des stories
Chaque semaine, une vidéo verticale (format 9:16), sous-titrée, de 20 à 45 secondes. Avec elle, une légende de deux phrases et un visuel tiré de la vidéo : une image fixe, une ligne de texte. Les stories, elles, sont le quotidien brut : le camion chargé à 7 h, le pain qui sort du four, l’état du chantier à midi. Pas de montage, pas de texte.
Semaine 1 : l’avant/après
- Ce qu’on filme : le chantier avant les travaux, puis le résultat. En boutique, le produit de la semaine, brut puis fini.
- Durée : deux plans de dix secondes, mis bout à bout.
- Légende type : « Salle de bain refaite en cinq jours à Bourg-en-Bresse. Carrelage, douche à l’italienne, meuble vasque. »
- Visuel dérivé : l’image « après » avec la mention « 5 jours ».
Semaine 2 : « comment on fait »
- Ce qu’on filme : un geste métier. Le façonnage d’une baguette, la pose d’un joint, le réglage d’un carburateur.
- Durée : un plan fixe de 30 secondes, sans commentaire ou avec une seule phrase.
- Légende type : « Pourquoi on ponce entre deux couches. Trente secondes pour comprendre. »
- Visuel dérivé : une image du geste, les mains au premier plan.
Semaine 3 : la question que tout le monde pose
- Ce qu’on filme : vous, face caméra, qui répondez à la question qu’on vous pose dix fois par semaine. « Combien coûte une porte d’entrée ? » « Vous faites les petites réparations ? »
- Durée : 30 à 45 secondes, une seule prise, on garde les hésitations.
- Légende type : « La question qu’on entend tous les jours : faut-il un permis pour une pergola ? Réponse en 40 secondes. »
- Visuel dérivé : la question écrite en gros sur une photo de l’atelier.
Semaine 4 : l’équipe, un fournisseur, l’atelier
- Ce qu’on filme : l’apprenti qui explique ce qu’il apprend, le fournisseur qui livre, un tour de l’atelier à 7 h du matin.
- Durée : trois plans de dix secondes.
- Légende type : « Léa, apprentie depuis septembre. La farine vient d’un moulin de la Bresse, à 20 km. »
- Visuel dérivé : un portrait de la personne, sur son lieu de travail.
Le mois suivant, on recommence avec un autre chantier, un autre geste, une autre question.
Une heure par semaine, téléphone à la main
Le lundi matin, avant le premier client, une heure. Pas plus.
- La lumière de face. La fenêtre ou la porte du garage doit être devant vous quand vous parlez, jamais dans votre dos. Un visage à contre-jour ne se rattrape pas.
- Le micro à moins d’un mètre. Celui du téléphone suffit si vous parlez tout près. Plus loin, on entend la perceuse du voisin et pas vous.
- Trois plans fixes de dix secondes. Le téléphone posé ou calé, à la verticale. Jamais de zoom : vous vous rapprochez avec vos pieds.
- Les sous-titres. Instagram et Facebook proposent des sous-titres automatiques sur les vidéos courtes. Relisez-les avant de publier, ils écorchent les mots de métier.
Si vous partez de zéro, France Num (le portail de l’État pour le numérique des TPE) référence une formation gratuite pour filmer des vidéos d’entreprise au smartphone : sept fiches en PDF (stabilité, cadrage, lumière et son, tournage) et dix tutoriels en ligne.
Meta Business Suite, l’outil gratuit de Facebook et Instagram, permet de programmer une publication à l’avance, date et heure comprises. Le lundi, vous tournez, vous programmez, et la semaine est réglée.
Dernier réflexe : faites relire chaque légende par quelqu’un d’autre avant de programmer. Votre conjoint, l’apprenti, la comptable. Une faute sur une publication reste en ligne, et on la voit plus que le carrelage.
Ce qu’il ne faut pas publier
- Un client ou un chantier reconnaissable sans accord écrit. Une façade avec le numéro de rue, un visage, une plaque d’immatriculation. Demandez un oui par SMS ou par mail avant de filmer, et gardez-le.
- Des promotions en boucle. « 20 % de remise cette semaine » chaque semaine, ce n’est plus une promotion, c’est votre prix. Une offre par trimestre, au plus.
- Des visuels génériques sans visage ni lieu. La photo de banque d’images d’un plombier souriant que personne ne connaît. Les gens suivent un artisan, pas un métier.
- Un texte généré par une IA publié sans relecture. Il se reconnaît de loin : phrases toutes faites, adjectifs empilés. Faites relire, ou réécrivez avec vos mots.
Faire soi-même, un indépendant ou le Studio
Trois façons de tenir le rythme.
Vous-même
Une heure par semaine, zéro euro, le téléphone que vous avez déjà. C’est la meilleure option si vous tenez la cadence trois mois de suite. Si la page s’arrête au deuxième mois, autant ne pas commencer : une page figée depuis six mois donne une moins bonne image qu’une page qui n’existe pas.
Un indépendant
Un vidéaste ou un gestionnaire de réseaux sociaux à son compte, sur devis. Les prix varient beaucoup selon la région, le nombre de déplacements et ce qui est inclus (tournage seul, montage, programmation). Demandez trois devis et exigez que le tournage ait lieu chez vous.
KrenoW Studio
C’est ce que nous proposons avec l’offre contenus de KrenoW Studio : un devis mensuel pour quatre vidéos et quatre visuels, soit environ un par semaine, plus des stories au fil de votre activité. Nous venons filmer chez vous, dans un rayon d’environ une heure autour de Saint-Étienne-sur-Chalaronne (Bourg-en-Bresse, Mâcon, Villefranche, nord lyonnais). Vous validez chaque publication sur un calendrier partagé avant qu’elle parte. Un mois renouvelable, résiliable avec 30 jours de préavis, sans pénalité.
Si vous avez l’heure du lundi et l’envie, ce guide suffit et vous n’avez pas besoin de nous. Le Studio sert à ceux qui ont l’envie mais pas l’heure. Dans ce cas, écrivez-nous : on vous dit en un échange si votre atelier est dans le rayon.
Questions fréquentes
Combien de fois publier par semaine ?
Une fois. Une vidéo courte et un visuel, plus des stories quand l’occasion se présente. D’après le Baromètre France Num 2025, 46 % des entreprises présentes sur les réseaux s’en servent au moins une fois par semaine, 27 % dans le bâtiment. Une publication hebdomadaire tenue toute l’année vous place donc devant la majorité de vos confrères. Publier plus n’a de sens que si le rythme tient sur la durée.
Faut-il être sur TikTok ?
Pas pour commencer. D’après le Digital Report France 2026 de We Are Social, 38,3 % des utilisateurs ont ouvert TikTok dans le mois, contre 55 % pour Instagram, et Facebook reste devant. Une fois que Facebook et Instagram tournent depuis six mois sans trou, vous pourrez y republier les mêmes vidéos verticales.
Est-ce que ça ramène des clients ?
Personne ne peut le garantir, ni nous, ni un indépendant, ni une agence. Ce qu’on peut faire, c’est mesurer : le nombre d’appels, de messages reçus sur Facebook ou Instagram et de demandes de devis chaque mois, avant et après. Si rien ne bouge au bout de trois mois, on change de format ou de réseau, pas de métier.
Est-ce que ça se voit que c’est fait avec l’IA ?
Oui, quand le texte est publié tel quel. Une légende écrite par une IA sans relecture a une façon reconnaissable de tourner les phrases et d’empiler les adjectifs. C’est pour cela que la règle chez KrenoW est la même partout : l’IA fait le premier jet, un humain corrige, vous validez. Les vidéos, elles, sont tournées chez vous, avec vos mains et votre voix.
Qui est propriétaire des vidéos ?
Vous, en principe. Si vous les tournez vous-même, la question ne se pose pas. Avec un indépendant, vérifiez que le devis précise noir sur blanc que les fichiers vous sont remis et que vous pouvez les réutiliser où vous voulez : site, fiche Google, devis, salon. Chez KrenoW, les photos, vidéos et textes produits vous appartiennent, y compris si vous arrêtez.